monnaie
SEANCE 9
LA MONNAIE
1. Le système monétaire byzantin. EHB, t. 3, p. 921-924
2. La circulation de la monnaie : thésaurisation et remonétarisation. EHB, t. 3, p. 912
3. Production et dévaluation
1. Le système monétaire byzantin
2. La circulation de la monnaie : thésaurisation et remonétarisation
3. Production et dévaluation
Jean Zonaras, Epitomae historiarum libri XVIII, XVI 25, éd. M. Pinder, Bonn 1897 (CSHB), t. III, p. 506-507. Trad. H. Ahrweiler-Glykatzi, « Nouvelle hypothèse sur le tétartèron d’or et la politique monétaire de Nicéphore Phocas », Zbornik Radova 8, 1963, p. 3.
Jusqu’à [Nicéphore Phocas] tout nomisma pesait le poids d’un hexagion ; lui inventa le tétartéron en diminuant le poids, et il effectuait l’encaissement des revenus en nomisma lourd, et les versements et dépenses [de l’État] en nomisma mutilé. En outre, bien que selon une vieille coutume tout nomisma portant l’effigie impériale eût la même valeur que celui qui venait d’être frappé par l’empereur régnant, lui accorda par ordonnance un cours préférentiel à son propre nomisma ; et pourquoi cela ? Afin que les marchands ne demandent que son nomisma et qu’il tire ainsi un intérêt de tous les échanges de nomisma qu’il effectuerait.
Nicéphore Bryennios, Histoire, IV I, éd. trad. P. Gautier, Bruxelles 1975 (CFHB 9), p. 256-258.
Nicéphore Botaniate, qui s’était donc emparé dans ces conditions du sceptre de l’empire, tenta, autant qu’il le put, de se concilier les bonnes grâces des gens de la capitale : il s’informait particulièrement de Bryennios et des forces qu’il avait rassemblées, car il le savait excellent général, mais aussi à la fois très généreux et très entreprenant. C’est pourquoi, à force de solliciter la faveur des citoyens, il la gagna, surtout en s’évertuant à paraître le plus généreux, mais d’une manière déplacée, car sa conduite plongea l’empire romain dans une grande confusion. Les deux sources où l’empire des Romains se faisait une grande gloire de puiser pour récompenser d’éminents personnages ou encore de loyaux serviteurs, il les ouvrit toutes grandes et se mit à arroser tout le monde gratuitement et avec prodigalité : en effet, les plus hautes dignités ne furent pas attribuées à des notabilités, à des militaires, à des membres de familles sénatoriales, ni même à ceux qui faisaient preuve de quelque zèle, mais à quiconque en demandait, et il en alla de même avec ce que les Romains appellent des offikia (charges), de sorte que les dépenses dépassèrent plusieurs fois les revenus et que, pour cette raison, l’argent faisant bientôt défaut, le nomisma fut finalement altéré et que les distributions faites par le basileus en fonction des dignités et des offikia furent interrompues par pénurie d’argent. En effet, le flot de numéraire que l’Asie versait dans le Trésor étant tari par suite de l’occupation de toute l’Asie par les Turcs, les revenus des provinces d’Europe ayant totalement fondu et les réserves antérieures ayant été bêtement dilapidées, il en résulta que le manque de numéraire dans le Trésor impérial fut extrême. Voilà à quel point, dans son désir de paraître généreux, il abusa de libéralité : c’est qu’il ambitionnait de se concilier, comme on l’a dit, la faveur des citoyens.

0 Comments:
Enregistrer un commentaire
<< Home