Byzantium06

mercredi, novembre 01, 2006

économie domaniale

SÉANCE 6
L’ÉCONOMIE DOMANIALE :
FORMATION ET GESTION DES GRANDS DOMAINES LAÏQUES ET MONASTIQUES


1. Novelle de Romain Lécapène de 934 sur la terre et les puissants
2. Novelle de Basile II de 996
3. Novelle de Nicéphore Phocas de 964 sur les biens monastiques
4. Novelle de Basile II de 996 (partie concernant les monastères)
5. Jean d’Antioche, sur la charistikè
6. Propriétés données par Grégoire Pakourianos
7. Carte pour la lecture du Typikon de Pakourianos

I. Les grands domaines

1. Novelle de Romain Lécapène (septembre 934)

Éd. N. Svoronos, Les novelles des empereurs macédoniens concernant la terre et les stratiotes, Athènes 1994, p. 82-86.

Beaucoup de gens, voyant un prétexte à spéculation dans la gêne des petits, gêne que le temps nous a apportée à tous, ou plutôt que la multitude de nos fautes a contraint la miséricorde divine à envoyer sur nous, beaucoup de gens, au lieu de témoigner aux petits de la pitié, de l’humanité et du dévouement, les voyant poussés par la faim, ont acheté à vil prix les biens de ces malheureux, l’un pour un peu d’argent, l’autre pour un peu d’or, un autre pour une poignée de blé ou d’autres clauses disproportionnées à la force de la nécessité du moment, et devenant par la suite pour ces malheureux habitants des villages comme une peste ou comme le fléau de la gangrène qui s’attache aux corps des agglomérations villageoises pour consumer leurs vies...
L’écrasement des faibles par les puissants conduit, pour qui sait voir, à la ruine de l’Etat, car c’est le grand nombre des propriétaires qui est à la base des impôts et tout manquera à l’Etat si ce grand nombre des propriétaires lui manque...
(Aussi) nous prescrivons que dans toute commune rurale et dans toute localité, après l’époque de la grande famine, les pauvres puissent avoir sans difficulté une exploitation libre dont héritent ensuite leurs enfants ou parents. S’ils doivent cependant procéder à une aliénation, la vente doit être d’abord proposée aux communiers qui possèdent des parcelles mitoyennes...
Aucun magistros ni patrice, aucun fonctionnaire ou dignitaire civil ou militaire, aucun des membres du Sénat, aucun des archontes ou anciens archontes des thèmes, aucun métropolite, archevêque, évêque, higoumène ou archonte d’église, aucun de ceux qui sont à la tête de fondations pieuses ou de maisons impériales ne peut, ni en son nom propre, ni par personne interposée, accéder à un bien-fonds par achat, donation pieuse, héritage ou de quelque autre manière. Une acquisition de cette sorte doit être considérée comme nulle et non avenue, et les biens ainsi acquis devront retourner sans indemnité et avec leurs améliorations éventuelles à leurs anciens propriétaires, ou à leurs parents, ou à défaut aux villageois qui exploitent des parcelles voisines.
Quant aux "notables" (périphaneis) qui, depuis la dernière indiction, ont profité de la famine pour acquérir des terres et des biens fonciers, ils devront en être chassés, après remboursement total ou partiel, par les anciens possesseurs, leurs héritiers ou co-héritiers, ou, s’ils viennent à manquer, par ceux qui, à un autre titre, seraient co-contribuables (syntélountes) et même par le corps des communiers à qui incomberait alors le remboursement.


2. Novelle de Basile II de 996

Éd. N. Svoronos, Les novelles des empereurs macédoniens concernant la terre et les stratiotes, Athènes 1994, p. 201-205.

Depuis que notre Majesté a, par la grâce de Dieu, pris le pouvoir suprême, et a porté son attention sur les difficultés qui s’élèvent entre les riches et les pauvres, elle a pu constater que les puissants qui veulent s’enrichir trouvent dans le prescription de quarante ans un moyen commode de satisfaire leur cupidité ; ils s’ingénient, par des dons ou autres amabilités, ou même par la crainte que leur puissance inspire, à retenir entre leurs mains, pendant ce laps de temps, un bien quelconque qu’ils ont, au mépris de la loi, acquis d’un pauvre, afin de le posséder ensuite en toute propriété...
Car s’il se trouve que ce soit un puissant qui ait fait une acquisition dans les communautés de village, ou qui ait, dans ce but, offert le prix le plus élevé, et que ses héritiers succèdent à sa puissance en même temps qu’à son patrimoine, sans laisser aux pauvres la possibilité de revendiquer en justice les biens dont ils se sont injustement emparés, il est bien évident que quel que soit le temps qui s’écoule le pauvre sera toujours empêché de réclamer ce qui lui appartient et d’en recouvrer la propriété...
Comment ne pas compter parmi les puissants celui qui, pauvre et faible à l’origine, est plus tard arrivé aux honneurs et s’est élevé au faîte de la gloire et de la fortune? Il est resté sans pouvoir pendant tout le temps qu’il a vécu dans une condition inférieure, nous permettons qu’il bénéficie à ce titre de la prescription. Mais, devenu puissant depuis qu’il est parvenu aux honneurs, il ne saurait en aucune façon se prévaloir de la prescription.
C’est un fait dont on peut voir tous les jours de nombreux exemples, comme cela nous est arrivé dernièrement à nous-même.
Nous avons eu un certain Philokalès, au début homme très modeste et simple villageois, devenu plus tard un personnage riche et puissant. Tant qu’il resta dans la classe inférieure, il paya les impôts avec les gens de son village et ne se distingua d’eux en rien. À partir du moment où Dieu permit qu’il fût successivement investi de la dignité d’Hebdomarion, de cubiculaire et enfin de protovestiaire, il s’empara peu à peu de toutes les terres du village, dont il se fit un domaine (proasteion), et dont il alla même jusqu’à changer le nom...
Ainsi notre Majesté, passant un jour dans ces lieux, et ayant eu connaissance de la chose par des plaintes des pauvres, ordonna-t-elle de détruire de fond en comble les magnifiques constructions que Philokalès avait élevées, et fit-elle restituer aux pauvres tous leurs biens, ne laissant à Philokalès que la portion des terres imposées qu’il possédait au début, et le réduisant de nouveau à la condition de simple villageois...
En conséquence, à partir de la date sus indiquée jusqu’à aujourd’hui, premier jour du mois de janvier indiction IX, l’an 6504, et à l’avenir, conformément aux ordres que notre bisaïeul Romain l’Ancien formula par écrit dans sa constitution déjà signalée, nous voulons que dans les rapports des puissants et des pauvres, la prescription cesse de s’appliquer et de produire quelque effet que ce soit contre ces derniers. Nous ordonnons de plus qu’on leur rende tous leurs biens, sans que les puissants aient aucun moyen judiciaire de se faire restituer le prix qu’ils ont payé ou indemniser des améliorations par eux réalisées...

II. Les biens monastiques

3. Novelle de Nicéphore Phocas (964)

Éd. N. Svoronos, Les novelles des empereurs macédoniens concernant la terre et les stratiotes, Athènes 1994, p. 157-161.

c. 1 C’est pourquoi, comme nous voulons vous forcer à appliquer les commandements du Christ et extirper ce mal qu’est la vanité haïe de Dieu, comme nous nous efforçons de faire le bien que nous faisons pour Dieu seul sans souci de plaire par cela aux hommes, ... nous ordonnons à ceux qui veulent faire oeuvre de piété et accomplir des actions utiles et dans l’intérêt de l’humanité, de suivre le commandement du Christ : vendre ce qui leur appartient pour le donner aux pauvres (pénètes)... Toutefois, si certains aiment tellement le magnifique et le grandiose (car c’est ainsi que nous appelons leur amour des honneurs) qu’ils veulent encore fonder des monastères, hôpitaux et asiles de vieillards, personne ne le leur interdira. Mais, attendu que, avons-nous dit, nombre de monastères qui existent depuis fort longtemps ont tellement souffert qu’ils tiennent à peine debout, ils aideront ceux-ci, tendront la main à ceux qui sont tombés et montreront leur amour de Dieu à travers eux. Mais, aussi longtemps qu’ils méprisent les anciens monastères dans cet état, qu’ils ne les voient pas et — pour parler comme l’Evangile — s’en détournent pour en fonder de nouveaux, cela, je ne le louerai pas et ne le laisserai pas arriver, car nous appelons cela amour de la vaine gloire et claire folie.
Aussi, nous ordonnons de prendre soin des monastères qui sont tombés et ont besoin d’aide, mais pas en leur donnant terres, domaines et bâtiments ; car de cela ils ont été dotés depuis le début, mais cela demeure sans soin, inculte et n’est pas mis en valeur, faute d’argent. Ceux qui jugent à propos de fournir à ces monastères le soin qu’ils réclament, qu’ils vendent les terres et les domaines qu’ils ont au laïque qu’ils veulent et fournissent des esclaves, des boeufs, des brebis et autres animaux. Car si nous leur donnons ce que nous possédons en champs et en domaines, comme la loi interdit de vendre les biens des maisons pieuses et églises, nous en serons au même point ; ceux qui sont mal en point et affaiblis, nous les aurons laissés sans soin, car ils n’auront ni l’argent, ni les bras pour pouvoir faire quoi que ce soit. Dorénavant, il sera interdit à quiconque de concéder de quelque manière des terres ou domaines à des monastères, asiles de vieillards et hôpitaux, ni aux métropolites ou évêques. Car cela ne leur sert à rien. Mais si des maisons pieuses ou des monastères manquent tellement de soins qu’il ne leur reste plus de domaines, il ne leur sera pas interdit d’en acquérir à sufisance, au su et avec l’approbation de l’empereur. Fonder des celles et ce qu’on appelle des laures dans des endroits déserts, pourvu qu’elles ne s’étendent pas à d’autres biens-fonds et domaines, mais se limitent à leur seul territoire, nous l’interdisons si peu à ceux qui le veulent que nous louons plutôt la chose. ...
Promulguant ces recomandations et lois, je sais que je vais sembler à plus d’un prononcer des mots durs, mots en désaccord avec leurs pensées. Mais je n’en ai cure, car, en accord avec l’apôtre Paul, je veux satisfaire Dieu, non l’homme. Au reste, à ceux qui ont du bon sens et du jugement et qui ont l’habitude de ne pas regarder la seule surface, mais sont capables d’aller plus loin et de pénétrer au coeur des choses, nous apparaîtrons exprimer ce qui est utile à la fois à ceux qui vivent selon Dieu et à toute la communauté.

4. Novelle de Basile II (996)

Éd. N. Svoronos, Les novelles des empereurs macédoniens concernant la terre et les stratiotes, Athènes 1994, p. 209.

c. 6 De presque tous les thèmes, l’on a attiré mon attention sur ceci : de nombreux villages (chôria) se sont trouvés amoindris et entamés, certains ont presque disparu, et ceci à cause des monastères. Il s’est en effet trouvé, dit-on, que dans de nombreux villages, un villageois (chôritès) construisît une église sur son propre domaine et lui concédât son propre lot, et même avec le consentement de ses co-villageois, se fît lui aussi moine et s’établît dans l’église pour la vie ; un autre villageois fait lui aussi la même chose, et un autre de même, et il y a là deux ou trois moines. Puis ils meurent et le métropolite ou l’évêque du lieu se saisit de l’église, en fait sa propriété et le dénomme monastère. Ensuite ces métropolites ou évêques gardent une partie des biens de ce monastère pour eux ou les donnent à des puissants, nuisent aux villages, les briment et les détruisent. Nous ordonnons que tous les oratoires (car nous ne les nommons pas monastères) qui auront ainsi évolué seront rendus aux faibles et que la part qu’y avait le métropolite ou évêque sera complètement éliminée. Et si les métropolites ou évêques l’ont transmise à d’autres personnes, ces personnes en seront expropriées, quand bien même elles en auraient joui pendant longtemps, car nous ordonnons que le temps ne fasse rien à l’affaire, mais que les oratoires reviennent, avons-nous dit, aux villageois, qu’ils restent à l’avenir des oratoires, mais sous l’autorité des villages.


5. La charistikè d’après Jean d’Antioche

P. Gautier, « Le réquisitoire du patriarche Jean d’Antioche contre le charisticariat », Revue des Études byzantines 33, 1975, p. 106-132.

Que veux-je dire par là ? Que les biens consacrés à Dieu par des empereurs amis du Christ, par des évêques, des archontes, des moines, des laïcs, sont donnés en présent par des hommes à des hommes, à savoir des monastères, des hospices, des hôpitaux et les biens fonciers qui leur appartiennent, et cela, malgré les très redoutables malédictions dont leurs fondateurs ont dans leurs testaments frappé quiconque les asservit. Cette iniquité, ou cette injustice à l’égard de Dieu, ou je ne sais quel terme employer à cause de l’énormité du mal, commença, comme chacun sait, au temps de l’hérésie iconomaque et de son ardent défenseur, comme je l’ai déjà montré, je veux dire le Copronyme, en raison de sa haine implacable envers les moine. Mais elle cessa dès que brilla l’orthodoxie.
9. Puis, du fait de la fourberie de l’ennemi, instigateur du mal, comme on l’a dit, qui toujours séduit par l’attrait du bien, mais qui fait choir dans le mal, cette iniquité recommença sous un motif apparent de sollicitude des empereurs et des patriarches successifs qui cédaient à des archontes les monastères et les hospices qui étaient ruinés ou menaçaient ruine, non par manière de donation et pour un avantage matériel, mais par amour du bien, pour l’aménagement (des monastères) et en vue d’un profit apparemment spirituel. Mais, au cours du temps, l’ennemi mêla à cette pratique son propre venin, je veux dire le goût du lucre et la cupidité, et, sous un prétexte d’apparence honnête, les empereurs et les patriarches postérieurs se mirent à pratiquer sous forme de donation totale la cession susdite que leurs prédécesseurs avaient consentie apparemment dans un souci de meilleure gestion, même quand il s’agissait de monastères et d’hospices en bon état, puis, le temps passant, de ceux qui étaient importants et lucratifs.
Saint Sisinnios qui fut patriarche de Constantinople il n’y a pas tellement longtemps, irrité à la vue d’une si grave iniquité, s’insurgea, comme le disent quelques-uns, et la proscrivit, bien qu’elle n’eût pas encore atteint un tel comble de malice. Mais ses successeurs n’en tinrent aucun compte, contrairement à leur devoir, et renouvelèrent le mal ; en augmentant progressivement, il a abouti à la calamité qui s’étale sous nos yeux. Car ce n’est plus tel ou tel monastère qui est donné, mais tous sont donnés sans exception : petits et grands, pauvres et riches, monastères d’hommes et de femmes, à l’exception d’un tout petit nombre, et des rares couvents de fondation récente, mais eux non plus ne tarderont pas à subir, par suite du succès de cette coutume scélérate, le sort des couvents anciens et importants. Et ils sont donnés à des laïcs et à des couples, parfois aussi à des étrangers et, hélas, au nom de deux personnes. Quelle intelligence, quelle langue pourra déplorer comme il le faut la multitude des péchés que comporte ce mal ? Néanmoins, dans la mesure du possible, la suite du traité va tenter de montrer quelques cas parmi beaucoup.
10. Par exemple, le préambule de la donation pernicieuse pour l’âme est d’emblée blasphématoire : Ma majesté, ou notre médiocrité te donne à toi un tel le monastère un tel, par exemple de notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ, ou de notre toute sainte dame la Théotokos ou de quelque saint, avec tous ses droits et privilèges, ses biens fonciers, immobiliers, et tous ses autres revenus pour la durée de ta vie, ou bien au nom de deux personnes.
Tais-toi, mon ami ! Comprends ce que tu dis, ce que tu écris, et tremble, parce que toi, homme corruptible, mortel et éphémère, tu oses octroyer à un homme le monastère qui porte le nom divin et redoutable, ou bien celui de la toute sainte Théotokos, ou celui de quelque saint. Quiconque donne ce qu’il possède, non ce qu’il ne possède pas. Si toi tu déclares octroyer ce que tu possèdes et si tu penses que les biens de Dieu sont à toi, tu te fais semblable à Dieu et, comme si tu étais Dieu, tu donnes tes propres biens à qui tu veux et comme tu veux. Mais si tu donnes ce que tu ne possèdes pas, que fais-tu ? Dis-le. Ignores tu ce que sont les monastères ? Ce sont véritablement des ports qui accueillent et sauvent ceux qui naviguent sur la mer de la vie. Celui donc qui en fait don à des affairistes ne fait rien d’autre que détruire les digues des ports : il a permis aux flots de la mer de s’engouffrer dans les ports ; alors il n’y a plus de ports et le naufrage est universel.
11. Ignores-tu ce qu’est un monastère ? C’est assurément une maison sainte, bâtie le cas échéant sous le nom du Christ Dieu et qui abrite dans son sanctuaire sa représentation et celle de ses miracles et de sa divine passion ; ce sont des livres sacrés et des vases divins conservés dans chaque église ; c’est une société sainte qui à cause de lui a renoncé au monde, aux biens du monde et à elle-même, qui a adhéré au Christ et s’y attache, qui nuit et jour le chante et le loue, qui dans son temple, selon le psalmiste, célèbre sans cesse sa gloire et qui a sans cesse le Christ au milieu d’elle en vertu de sa promesse très véridique et divine : « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, dit-il, je suis au milieu d’eux». Ce sont en outre des revenus sacrés et variés, collectés de multiples manières, destinés à l’établissement, au maintien et à la gestion des choses susdites, revenus qui furent réservés à cet effet par les défunts fondateurs.
Tous ces saints et divins monastères — ils le sont et en portent le nom —, ceux qui ont l’audace de les enlever à Dieu et de les asservir à un homme par donation, quel péché commettent-ils ? Un vol sacrilège ? Nullement, car le voleur sacrilège qui a pu, une fois ou deux au plus, piller des objets sacrés finit par être pris, châtié, incarcéré, et le mal cesse. Tandis que, dans le cas présent, le mal est continuel et la transgression dure toute la vie : elle n’est pas commise avec crainte comme dans le cas précédent, dans la pensée que c’est un péché, mais elle est commise en toute sérénité, comme si ce n’était pas un péché. Comment donc l’appellera-t-on ? Cupidité ? Pas du tout, car le divin apôtre Paul a appelé la cupidité à l’égard de nos compagnons d’esclavage idolâtrie, et le divin Chrysostome dans son commentaire de cette expression a montré en plusieurs endroits et notamment dans sa dix-huitième homélie sur la lettre aux Ephésiens que ce péché était même pire que l’idolâtrie. Si donc la cupidité à l’égard de nos compagnons d’esclavage est idolâtrie, celle qui atteint Dieu comment l’appeler, sinon impiété ?
Si, en effet, celui qui a profané ou traité avec mépris une seule fois un objet sacré, tel qu’une sainte icône ou un vase sacré, ou bien qui s’est approprié partiellement des objets sacrés est détesté de Dieu et maudit, parce que l’injure atteint Dieu, tout comme il en va de l’honneur qu’on leur rend — et mes propos sont garantis dans l’ancien Testament par Achar entre autres, qui, pour avoir volé une seule fois des biens réservés à Dieu, fut lapidé par le peuple avec toute sa famille, et dans le nouveau Testament par Ananie et Saphire qui, pour s’être approprié des biens qu’ils avaient eux-mêmes consacrés à Dieu, furent livrés à la mort ; ou plutôt, si l’on examine la chose de plus près, ceux-ci semblent s’être approprié non pas les biens de Dieu, mais ceux des chrétiens d’alors, car les gens aisés vendaient leurs biens et en déposaient le prix aux pieds des apôtres qui distribuaient à chacun des chrétiens suivant ses besoins, néanmoins devant Dieu et devant le coryphée des apôtres ils passaient, et à très juste titre, pour s’être approprié les biens de Dieu ; c’est pour cela qu’ils furent condamnés —, eh bien, si ces gens pour s’être approprié leurs propres biens furent ainsi châtiés, ceux qui ne se sont pas approprié une fois seulement les biens que d’autres ont consacrés à Dieu et aux personnes qui lui sont vouées, mais qui les dévorent leur vie durant tranquillement et effrontément, quel sort ne subiront-ils pas, eux et ceux qui les leur ont donnés ? Quelle condamnation ne méritent pas ceux qui à la fois profanent, outragent et s’approprient tout continuellement et qui outragent non pas un ou deux ou dix ou cent monastères, mais tous sans exception ? Et si, selon la parole divine, celui qui a scandalisé l’âme d’un seul fidèle aurait avantage à se voir suspendre au cou une pierre de moulin que tournent les ânes et à être englouti en pleine mer, quelle condamnation ne mérite pas celui qui non seulement ne cesse de scandaliser un nombre infini de moines et de moniales, mais qui les tue complètement, en plaçant des hommes à leur tête et en les asservissant à eux avec tous leurs biens ?
12. Le pire de tout, c’est que cette démence change et bouleverse jusqu’à la législation de la discipline ecclésiastique, car celle-ci, comme il a été dit plus haut, a placé immédiatement après le saint rang et la sainte consécration du sacerdoce la consécration et le rang des moines, puis celui du peuple très fidèle. En perturbant le corps de l’Église, elle a placé les laïcs au-dessus des moines et soumis les moines aux laïcs. Pourtant, nul n’ignore que l’Eglise est le corps du Christ et qu’il a versé son propre sang pour elle. Et celui qui a scandalisé l’Eglise de Dieu, même le sang du martyre ne suffira pas à lui obtenir le pardon, a dit le théophore Ignace.
13. Diront-ils que les monastères sont donnés pour être entretenus et maintenus, aussitôt protestent d’une voix éclatante ceux qui ont été détruits par les charisticaires et dont beaucoup ont été transformés en domaines. Nous ignorons si l’on trouvera un monastère qui ait été entretenu et restauré par un charisticaire, mais quand bien même on le trouverait, Dieu n’agrée pas le don de l’iniquité. Du moins, à l’heure actuelle, ce sont les monastères libres qui sont florissants et s’accroissent, tandis que les monastères asservis tombent en ruine. Toi, tu tiens exactement le propos de celui qui prétendrait que la servitude perpétuelle est supérieure à la liberté. Que ces monastères ne sont pas donnés en vue de leur entretien ni de leur conservation en voici la preuve : on ne donne pas les monastères ruinés, mais au contraire les monastères en bon état et dont les revenus sont florissants, et la faveur qui s’attache à certaines donations le montre clairement : on y dit qu’une fois assurées les dépenses prévues pour le monastère, les revenus excédentaires reviennent au charisticaire, sans qu’il ait à en rendre compte. S’ils disent encore qu’ils agissent ainsi parce qu’ils sont exemptés des charges additionnelles, qu’ils écoutent ceci : imposer des charges additionnelles ou ne pas en imposer dépend de vous ; supprimez ceux qui en imposent et il n’y a plus besoin d’exemptions. En effet, qui tient ce langage ressemble à un archonte qui par l’intermédiaire de ses subalternes accable indirectement de charges un pauvre libre, puis, comme s’il était mû par un sentiment de pitié pour le pauvre, ordonne qu’on lui enlève la liberté en même temps que tous ses biens et qu’il soit esclave au lieu d’être libre, afin, dit-il, qu’il ne soit point accablé de charges.
Tout cela n’est qu’excuse, prétexte et déguisement de la cupidité. Quelle parole évangélique et divine a recommandé, quelle exhortation apostolique a prévu, quelle tradition patristique et canonique a défini, quelle législation civile a jamais prescrit qu’une église sainte et qu’un monastère soient donnés à quelqu’un ? En effet, on ne voit même pas que les Hellènes eux-mêmes aient jamais donné à quelqu’un un temple d’idole. En conséquence, quelle personne sensée peut appeler cette abomination chose bonne, chose utile, gestion, sollicitude, service, conservation et non pas plutôt violation, désobéissance, iniquité suprême et désastreuse ? Car, dis-moi, si celui qui s’est révolté contre l’empereur terrestre, qui s’est approprié ses richesses et ses propriétés, qui est ensuite parvenu à soulever son armée et à la ranger à ses ordres, n’est plus du tout un serviteur ou un ami du basileus, mais son adversaire et son ennemi, celui qui profane s’approprie et donne à d’autres les biens divins et sacrés, quels qu’ils soient qui ont été offerts au basileus céleste, le Christ notre Dieu, et qui de plus, non content d’opprimer et de mettre dans la gêne son armée divine et sainte, je veux dire celle des moines et des moniales, en les privant du nécessaire, les asservit encore par donation à des hommes et les détourne, autant qu’il peut, du basileus céleste, comment peut-il être et être appelé chrétien ? Voilà donc comment l’ennemi tue en les empoisonnant spirituellement, comme il a été dit plus haut, ceux qui outragent tranquillement les biens divins, qui les considèrent non pas comme des possessions de Dieu, mais comme les leurs, et qui pour cette raison les accordent à qui bon leur semble. Montrons à ce sujet quelques cas parmi beaucoup.
14. Il faut parler de ceux qui reçoivent ces donations, et que la mauvaise coutume a fait nommer charisticaires. Sitôt qu’il prend en charge hélas, le monastère, il ouvre incontinent le gouffre immense de sa cupidité et il engouffre tous les biens du monastère : maisons, domaines, bétail, revenus de toutes espèces et jusqu’aux églises elles-mêmes ; il traite higoumène et moines comme des esclaves ; il tient personnes et choses sans exception comme affaires personnelles et il en use sans crainte et à sa guise comme d’un patrimoine personnel, sans qu’il lui vienne jamais à l’esprit que ce sont des biens qui appartiennent à Dieu et qui sont divins. Pour les églises saintes et les moines il ne distrait qu’une part minime de tout le revenu et il ne la leur accorde qu’après force prières, comme un bien offert pour le salut de son âme. Car je passe sous silence la ruine des églises, des immeubles et des domaines, du fait qu’il a toujours uniquement en vue la rentrée des revenus et nullement leur sortie, et surtout si la funeste donation comporte l’immunité contre les diminutions.
Le résultat immédiat, c’est la fin et l’extinction non seulement de toute la pieuse sollicitude imposée par les divins fondateurs à l’égard de la divinité, c’est-à-dire les brillantes cérémonies des fêtes sacrées, les encensements et les doxologies, dans quelques monastères les illuminations quotidiennes, ajoutons encore les distributions d’aumônes, soit celles fixées pour les fêtes et celles qui ont lieu chaque jour aux portes, soit celles faites lors de la commémoraison des fondateurs, et encore les allégements prévus pour les moines lors des fêtes de l’année, des mémoires, des jours d’abstinence et du temps pascal, mais encore les pensions alimentaires les plus indispensables aux moines. Bref, c’est la disparition de toute forme de piété envisagée par les fondateurs dans les saintes églises et pour les moines et les moniales. Les revenus qui étaient versés auparavant à cet effet ont été détournés vers le monde trompeur et le prince du monde. Chose plus grave, tout canon, toute règle, toute discipline monastiques ont aussitôt disparu. Car c’en est fait de l’autorité de l’higoumène, de la crainte, de l’humilité et de toute autre vertu.


6. Donations de Grégoire Pakourianios

P. Gautier, « Le typikon du sébaste Grégoire Pakourianos », Revue des Études byzantines 42, 1984, p. 34-44.

Des donations et offrandes que j’ai faites à ma sainte église susmentionnée.

Nous donnons et garantissons, sur les biens qui nous ont été donnés par de pieux chrysobulles au titre d’un droit patrimonial, et que je détiens comme une propriété inaliénable et absolue et en authentique possession, ceux-là qui, devenus des logisima, ont été confirmés par de pieux chrysobulles. Le premier de la série est un kastron situé dans le même thème de Philippoupolis, à savoir la commune appelée Pétritzos, qui est globalement surnommée Basilikis par les gens du cru, avec ses agridia, l’agros appelé lannôba, qui a été maintenant converti en monastère, l’agros de Batzokova, l’agros de Dobrologkos, l’agros de Dobrastanos, l’agros de Bourséôs, l’agros de Laikouba avec celui appelé Abroba, et tous ces agroi, y compris le susdit kastron, (sont donnés) avec tout leur territoire et leur contenu bien déterminé, leurs anciens droits de possession, leurs divers privilèges et l’ensemble de leurs revenus, conformément au contenu de leur précédente délimitation.

J’ai en outre donné la commune appelée Sténimachos qui en est voisine, avec les deux kastra que j’y ai construits, avec aussi leurs agridia, à savoir celui de Lipitzos, l’agros dit de Sainte-Barbara qui est contigu à Prénézè, avec ses hésychastères, Saint-Nicolas, Saint-Élie, Saint-Georges d’en-haut, et celui d’en-bas qui est proche de la commune. Et ces biens sont également donnés intégralement avec tout leur territoire et toutes leurs possessions d’autrefois, et selon la délimitation que j’en ai fait dresser entre eux et mon kastron de Bodènai.
J’ai encore donné le kastron appelé Baniska avec Brysis, toutes ses communes et ses agridia, et encore les pâturages de montagne, avec tout leur territoire et toutes leurs possessions d’autrefois.
J’ai également donné le praitôrion de Topolinitza, la commune appelée Gelloba avec tout son territoire et ses possessions.
J’ai encore donné à notre susdit monastère et à ses saintes églises, dans le thème de Boléron, à l’emplacement du bandon de Mosynopolis, le domaine dit de Zaoutzès avec tout son territoire et ses possessions d’autrefois, et à l’intérieur du kastron de Mosynopolis les terrains à bâtir que j’y ai achetés et les maisons que j’ai construites sur eux à mes frais, ainsi que les bâtiments achetés avec notre argent par mon « homme » et mon ancien intendant Bardanès, qui sont eux aussi à l’intérieur du kastron de Mosynopolis, avec aussi le monastère sis à l’extérieur de celui-ci et construit sous le vocable et en l’honneur de saint Georges sur le mont Pappikion, avec ses vignobles, tous ses champs, ses jardins, tous ses autres biens immeubles et son métochion situé dans le kastron de Mosynopolis. Pareillement, dans le même thème, le domaine dit de Ménas, situé dans le bandon de Périthéôrion, avec les champs et les divers terrains qui lui ont été rattachés, comme cela est clairement indiqué à leur sujet dans le praktikon de mise en possession. Et l’aulè située à l’intérieur du kastron de Périthéôrion, propriété d’Apasios, le frère d’Achsartanès, le défunt toparque, notre gambros, avec tous les bâtiments qui lui appartenaient et toutes leurs possessions.
Tous les biens que je viens d’énumérer nommément, j’en ai fait donation définitive à l’église de la très sainte Théotokos Pétritzonitissa sise dans mon monastère géorgien, avec tout leur territoire et leurs possessions d’autrefois et tous leurs biens immeubles, avec aussi leurs paires de bœufs, avec encore toutes leurs semences et tous leurs objets meubles et leur bétail, bref avec tous leurs revenus et leurs privilèges.
Feu mon frère légitime, le défunt magistros Apasios, avait stipulé par écrit dans son testament : « Là où mon frère Grégoire aura voulu construire son église et son monastère, et aussi la tombe où il sera enterré, c’est là aussi que mon corps sera enseveli. » Outre cela et beaucoup d’autres choses qu’il a écrites, il a désigné comme legs pour le repos de son âme sa commune appelée Prilogkion, sise dans le thème de Thessalonique, dans l’archontia appelée Stéphaniana, qui lui avait été donnée en échange des biens qu’il avait abandonnés dans la grande Antioche. Et il avait encore stipulé par écrit dans son susdit testament : « Si mon frère ne trouve pas l’occasion de construire une église et un monastère, on donnera ma commune de Prilogkion au lieu où mon corps sera enseveli à jamais. »
Et puisque, guidé par Dieu, j’ai construit la vénérable église et le monastère susdits, j’ai agi conformément à son ordre et à sa volonté : j’ai transféré le tombeau où il reposait dans l’église de mon monastère, et je l’ai déposé dans ma sépulture. Je l’ai enseveli naturellement avec l’affliction et la peine très vives que me causait son départ d’ici-bas ; j’ai fait pour lui avec respect et zèle tout ce qui convenait ; je lui ai manifesté toute la considération et tout l’amour que j’avais pour lui, et j’ai prescrit fidèlement et consciencieusement tout ce qui était utile à son salut spirituel ; et tout ce qui m’avait été versé pour le salut de son âme, je l’ai distribué en prenant sur ma cassette et ma fortune, faisant de mon mieux, quand j’étais encore à Théodosioupolis. Maintenant que je me trouve en Occident, j’ai fait donation de sa commune susdite de Prilogkion, selon sa volonté, à mon église souvent mentionnée et à la sépulture qu’elle abrite, où repose le corps de cet être qui m’était très cher, et j’ai prescrit qu’on dise pour lui quotidiennement de continuelles prières litaniques et la sainte messe, comme on l’indiquera par la suite. Et il a été fait don de cette commune de Prilogkion avec ses vieux kastra, ses agridia, ses hôtelleries, tout son territoire et ses possessions d’autrefois, et tous ses biens immeubles.
De plus, mon défunt frère a encore ajouté par écrit dans son testament ce qui suit. Il me laissa en héritage, parmi les terres qui lui avaient été données par un pieux chrysobulle, la commune appelée Srabikion, et Kaisaropolis, qui est située dans le thème de Serrés, dans le bandon de Zabalta, avec le lac, les pêcheries, son agridion dit de Glaunôn, et il fit de moi le propriétaire, l’héritier et l’archonte incontestable de ce kastron et de la commune. Et moi, qui éprouve pour lui un amour inconsolable et qui n’ai besoin d’aucun bien matériel — car grâce à Dieu et au bon vouloir de sa bonté, et grâce à la protection et au bonheur de nos puissants et saints empereurs et de mon zèle extraordinaire je n’avais besoin de rien, comme on l’a dit —, j’ai remis le kastron et la commune susdits, qu’il m’avait laissés à titre d’héritage, à mon monastère, à la sainte église qu’il abrite et à la sépulture où il repose, pour le salut de son âme.
Les noms des kastra, des communes et des domaines susmentionnés qui ont tous été donnés à ma sainte église et au monastère géorgien appelé Pétritzos, sont tous consignés dans le pieux et précieux chrysobulle délivré au monastère.
Mon défunt frère susnommé avait pris beaucoup d’autres dispositions et prescrit que je distribue moi-même pour le salut de son âme en prenant sur ses biens fonciers et sur son numéraire, sur ses nomismata et diverses monnaies, sur son argenterie, sa garde-robe et divers autres objets, et aussi sur ses bêtes, car grâce à Dieu il était fort riche et ne manquait d’absolument rien. Mais je n’ai rien récupéré de mon argent et de mes nomismata qu’il avait en dépôt, et qui provenaient soit de ce qu’il avait reçu directement de ma main, soit des revenus qu’il réunit et garda par-devers lui pendant toutes les années où je servais en Orient, car lors de ma nomination comme duc de Théodosioupolis et durant mes déplacements en Orient je l’avais chargé de la protection et de la gestion de tous mes biens fonciers. Je n’avais pas en effet de personne plus fidèle et plus chère, et qui se souciât davantage de moi, ni inversement lui n’avait de personne plus chère que moi. Or, tout ce qu’il gardait en dépôt et les revenus de mes biens fonciers étaient en vieilles espèces, rômanaton, trachy monomachaton, doukaton, skèptraton, et aussi michaèlaton. Lorsqu’après la mort de mon frère je revins ici d’Orient, je ne retrouvai absolument rien de tout cela, ni non plus rien de ses biens à lui, dont il avait stipulé qu’ils seraient distribués pour son salut spirituel.
Les biens fonciers, dont les noms sont consignés ci-dessus dans le présent typikon, ont été remis par moi au susdit monastère avec tout ce qui s’y trouvait : attelages du maître, parèques avec toutes leurs bêtes, terres diverses de montagne et de plaine, pâturages de montagne, pâtures, terres labourables, vignes, tous arbres fruitiers ou non, moulins actionnés par l’eau ou par des bêtes, étangs et terres en friche à l’entour, kastra avec leurs bâtiments, diverses choses et les revenus des biens meubles et immeubles sis à l’intérieur ou à l’extérieur. S’y ajoutent de précieuses représentations, des icônes du Christ Sauveur et de tous les saints, et encore de précieuses croix avec les précieuses reliques de la vivifiante et divine Croix, et aussi de saints évangéliaires écrits les uns en grec, les autres en géorgien, qui ont été ornés à très grands frais de diverses gemmes et perles et d’émail, et encore des vases sacrés de la sainte église, calices et patènes, divers lustres en argent et toutes sortes de lampes, des vêtements impériaux de grand prix déposés dans l’église, sans compter ceux qui me furent donnés par notre puissant et saint empereur kyr Alexis et qui habillaient son très noble et très précieux corps, quand avec l’aide puissante et la force de sa dextre divine, grâce à la bonne fortune et pour le bonheur de notre saint empereur, j’ai broyé et écrasé ses ennemis tout à fait terribles et impudents, qui attaquaient non seulement la Romanie, mais encore toute la race des chrétiens, je veux dire les Petchénègues, dont l’écrasement et la complète destruction sont une des choses les plus difficiles à décrire, car je suis persuadé que longtemps après ma mort le prodige alors opéré par Dieu tout-puissant ne sera pas oublié. À quoi s’ajoutent les précieux vêtements impériaux que m’offrit, à mon retour de captivité chez les Coumans, notre très grand et bon empereur, et ceux que me donna aussi à cette occasion son très fortuné frère, le sébastocrator. Nous avons encore donné en grandes quantités d’autres précieux vêtements sans couture et toute une variété de vases qui contribuent à l’ornement et à la magnificence de 1 ‘église, un grand nombre d’icônes sur bois représentant avec beaucoup de grâce différents saints, et une quantité de lustres et de chandeliers en bronze.
Toutes ces choses sont enregistrées en détail et par catégorie dans le présent livre, et, de plus, le nombre des multiples objets meubles que j’ai donnés à notre sainte église sera clairement indiqué dans le registre très détaillé qui a été ici dressé.


7. Carte pour la lecture du Typikon de Pakourianos